Rapport final d’un projet commandité par le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer

Résumé

L’étude Carthaforum - Cartographie régulière des habitats forestiers ultra-marins vise à évaluer la faisabilité d’une cartographie régulière des habitats forestiers dans les outre-mer. Il s’agit ainsi de répondre aux besoins de rapportages internationaux concernant les thèmes biodiversité et carbone, de produire des indicateurs pour le pilotage des politiques nationales relatives à ces thèmes et de faciliter la gestion des territoires et les politiques d’aménagement mis en œuvre par les administrations et élus locaux. 

L’étude comprend quatre volets : 

  • un état de l’art en matière de cartographie et de suivi des écosystèmes forestiers basé sur une synthèse bibliographique large ; 
  • un état des lieux fondé sur un recensement des initiatives existantes et une enquête en ligne ; 
  • une prospective et une analyse critique des produits disponibles et en cours de développement s’appuyant notamment sur des tests méthodologiques ; 
  • l’élaboration d’un programme d’actions chiffrées pour la mise en œuvre à court terme d’un suivi cartographique régulier des forêts ultramarines. 

L’état des lieux aboutit à plusieurs constats : 

  • une grande hétérogénéité des cartes forestières actuellement disponibles dans les outre-mer français ; 
  • une absence de dispositif régulier de suivi des évolutions forestières, sauf en Guyane ; 
  • un manque crucial de données in situ permettant d’estimer et de cartographier les principaux stocks de carbone forestier, excepté en Guyane et en Guadeloupe ; 
  • une attente locale forte pour la mise en place d’un système de suivi régulier à fréquence annuelle et à haute résolution spatiale, couvrant les milieux forestiers et les autres formations végétales naturelles. 

La bibliographie fait état de plusieurs méthodes opérationnelles efficaces de cartographie et de suivi, basées sur les technologies de télédétection, pouvant être rapidement adaptées et mises en œuvre en s’appuyant sur les programmes publics de mise à disposition d’images (Copernicus et Théia-Geosud-Seas). Ces traitements complètent les approches cartographiques photo-interprétatives et les facilitent pour aboutir à des produits permettant un suivi précis et robuste des formations végétales et de leur évolution. 

Trois actions principales sont proposées et déclinées en différentes options : 

  • le développement de chaînes de traitement multisources pour compléter au plan spatial ou thématique des cartes forestières (pour un coût estimé à 340 à 630 k€ sur 2 ou 3 ans) ;
  • la mise en place d’un suivi des changements forestiers, assisté par satellites, en continu ou sur un pas de temps annuel, facilitant le contrôle des défrichements sur le terrain et améliorant la qualité des rapportages (pour un coût estimé à 60 à 75 k€/an) ;
  • la collecte de données dendrométriques et pédologiques de terrain, l’acquisition de données LiDAR, le développement de modèles de prédiction spatiale et l’installation d’un réseau de placettes forestières permanentes pour une meilleure estimation des stocks et flux de carbone forestier dans les outre-mer (pour un coût estimé à 340 à 664 k€ sur 2 à 5 ans).