La déforestation liée à la filière bœuf à travers le monde

Selon Henders et al. (2015), l’élevage bovin est responsable de 60 % des déforestations tropicales. Cette responsabilité est concentrée sur l’Amérique latine, continent où le poids du secteur agricole dans la déforestation est aussi le plus élevé (71,5 %), d’après De Sy et al. (2015). Trois biomes forestiers sont affectés par l’élevage : les forêts humides d’Amazonie, les forêts semi-décidues du Cerrado et les forêts sèches du Gran Chaco.

Les importations européennes et françaises

Les flux d’exportation de viande brésilienne vers l’Europe montrent qu’à l’entrée du Brésil sur le marché mondial au tournant des années 2000, l’Union européenne constituait le premier marché pour le bœuf brésilien. C’est par ce marché que les exportations ont décollé, avant d’être relayées par la Russie, puis Hong-Kong et dernièrement la Chine. L’étude Champion et al. (2013) indique que si les coûts de production de viande bovine sont deux fois moins élevés au Brésil qu’en France, les droits de douane et taux de change limitent la compétitivité des exportations brésiliennes, ce qui devient moins vrai depuis la pandémie pour le dernier paramètre étant donné la dépréciation du réal par rapport au dollar et à l’euro.

L’Union européenne (hors Royaume-Uni) a importé plus de 1,6 milliard d’euros de viande bovine en 2019. Les pays du Mercosur sont les premiers fournisseurs de viande bovine de l’UE (près de 1,2 milliard d’euros en 2019). En volume, le Brésil (second fournisseur derrière le Royaume-Uni) représente plus de 35 % des importations de viande bovine dans l’UE et l’Argentine plus de 25 %. Les importations françaises proviennent à 97,2 % des autres pays de l’Union européenne, seulement à 0,5 % du Brésil.
 
Ces chiffres montrent l’importante concentration des origines de la viande importée en dehors de l’UE. 

Toutefois, il faut rappeler que la production bovine dans ces pays sert essentiellement la consommation locale (à plus de 80 %). 

Les initiatives de la filière pour zéro déforestation

Au Brésil, pour combattre la déforestation, un premier objectif a été d’amener l’ensemble des exploitations agricoles dans la légalité par un système de cartographie des limites de l’exploitation et des zones en forêts. Existe également le Terme d’ajustement de conduite (Tac), accord volontaire signé entre ces opérateurs privés et le ministère de la Justice. Ce Tac conduit les entreprises à mettre en place des systèmes d’informations, où chaque fournisseur est répertorié par son numéro de CAR. Avant chaque transaction, l’acheteur vérifie si aucune déforestation illégale n’a été confirmée chez son fournisseur, si aucune infraction au code du travail n’a été observée et si son exploitation n’est pas située dans une aire protégée. D’autres initiatives et standards de zéro déforestation en élevage existent telles que l’Initiative viande du Xingú, l’initiative Novo Campo ou celle d’Imaflora - Instituto de Manejo e Certificação Florestal e Agrícola - une des huit ONG fondatrices du réseau Rain Forest Alliance. 

Les enjeux de l’autonomie protéique

La Mesure 7–1 de la SNDI vise à mettre en place une stratégie sur les protéines au plan national, déclinée au niveau européen, suite à l’annonce du Président de la République en janvier 2018 sur ce point. Cette stratégie comprendra un volet agricole, basé sur le plan protéines végétales 2014-2020 qui sera prochainement publié par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, et un volet alimentaire. 

Le volet agricole visera, conformément à la feuille de route issue des États généraux de l’alimentation 2018-2022, à promouvoir des alternatives à l’importation de protéines végétales issues de la déforestation, compatibles avec la transition agroécologique, en soutenant les capacités nationales de production de substitution, les efforts de recherche variétale et agronomique et d’appui technique aux producteurs et le développement de systèmes d’alimentation des animaux économes en intrants. 

Le volet alimentaire visera à poursuivre la diversification de la consommation de protéines en France, dans la continuité des États généraux de l’alimentation. Il visera à assurer la cohérence avec les divers processus politiques déjà en cours qui traitent cette question (notamment Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), Plan national de l’alimentation (PNA), Plan national nutrition santé (PNNS), programmes éducatifs), à communiquer sur le lien entre bénéfices sanitaires et bénéfices environnementaux d’un régime alimentaire comportant des protéines végétales, en faisant connaître les nouveaux repères nutritionnels, notamment via le PNNS et le PNA, et adapter les menus de la restauration collective pour diversifier les apports en protéines et accompagner le développement des protéines végétales. 

 

Ces informations sont notamment issues des travaux du comité scientifique et technique de l’AFD.

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